Chroniques érotiques ou Jeux tabous
 

... Julia, ayant finalement percuté, jeta un regard las et désintéressé vers la photo sur laquelle elle posait de profil en tenue sadomaso, à genoux avec les fesses en l'air, les mains menottées derrière le dos et le plumeau qui semblait enfoncé dans le cul.

Sous la photo, l'ébauche d'un texte apparaissait :

« Service à domicile sur rendez-vous » suivi de son propre numéro de téléphone.

Cover-Julia-220

Julia ne pleurait plus, elle venait de capituler et annonça avec une indifférence feinte.

— OK... vous avez gagné, dites-moi comment je dois me comporter.

Bernard prit la parole, en espérant laisser à Jef l'opportunité de se calmer :

— Repartir de la case départ, en reconnaissant que tu as donné ton accord pour ce projet de simulation. Comprendre que la réussite de cette expérience repose sur tes épaules, qu'on compte sur toi... et faire de ce projet, ton propre projet.

— Tu plaisantes ?

— Pas le moins du monde ! Apprends à te soumettre totalement et à n'exister que pour le bon plaisir de ta maîtresse. Tu dois lui appartenir complètement. Ne pose plus une seule question et n'ouvre plus la bouche surtout si on ne te demande rien ! Baisse les yeux en sa présence, de manière à ce que tout le monde constate qu'elle te domine.

— Et pour une fois dans ta putain de vie de merde : FINIS CE QUE TU COMMENCES ! hurla Jef en la menaçant du poing.

Julia apeurée, dévisagea tous ses amis à la recherche d'un soutien, mais ils évitèrent systématiquement son regard.

— C'est sûr, j'avais vraiment rien compris... murmura-t-elle en tremblant, coupant le silence qui s'éternisait.

— Comment ? demanda Myriam

— Rien, excuse-moi, répondit-elle en la regardant un instant avant de baisser la tête...

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Pendant le repas, Myriam fut excessivement possessive, comme à l’accoutumée, et contraignit le pauvre garçon à la fixer dans les yeux, à longueur de temps. Malheureusement pour lui, pas une seule fois il ne réussit à empêcher son regard de se détourner un bref instant en direction de Julia, au moment où celle-ci pénétrait dans le salon.

Myriam montra rapidement des signes d’exaspération. Pour se changer les idées, elle amena la conversation sur la photographie et ordonna à Julia qui servait les desserts, de lui passer l'album intitulé « Fées des sous-bois ». Les albums étaient à trois pas de la table, sur l'étagère la plus basse de la bibliothèque, presque derrière Myriam. Julia se penchant comme Myriam lui avait appris, cherchait à déchiffrer les petits caractères dans la lumière vacillante des bougies.

Complètement hypnotisé par le spectacle, le gars approcha sa tête du centre de la table en l’inclinant sur le côté. Myriam se fourvoya et s'approcha également, en attendant un baiser improbable. Se sentant devenir transparente, elle suivit le regard du garçon, jusqu'aux fesses rebondies et illuminées de son esclave. Elle se retourna brutalement et gifla si violemment le garçon qu'il en tomba de sa chaise :

— Fous-moi le camp d'ici, espèce d'obsédé ! hurla-t-elle.

Plié en deux pour se protéger des projectiles divers dont il était la cible, il récupéra sa veste et s’enfuit.

Myriam se retourna contre Julia :

— Espèce de petite peste, je vais t'arracher les yeux ! Traînée ! meugla-t-elle avant de se lancer à sa poursuite.

Julia, fit le tour de la table en patinant, chopa son sac sur le guéridon et pris la poudre d’escampette. Elle riait en dévalant les escaliers dans l'obscurité. Connaissant les colères de son amie, elle savait que le lendemain tout serait oublié. Par habitude, elle alluma en arrivant dans le hall d'entrée et fut paralysée par la surprise. Dans la grande glace, l'éclairage lui renvoyait le reflet d'une soubrette qu'elle ne reconnut pas instantanément :

— Flûte ! J’ai tout le quartier à traverser...

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 Le défi de Julia

Quelle fut alors la surprise de Jacques, lorsqu'en sortant de l'ascenseur, il trouva Annie sur le pas de porte, tenant d'une main un énorme gâteau et de l'autre une bouteille de champagne :

— Mon amour, j'ai été injuste, j'ai dû te dire de ces choses...

Elle ne put terminer sa phrase ; leurs langues s’entremêlaient farouchement. Jacques la bouscula dans l'appartement. Il lui arracha les vêtements tout en claquant la porte d'un coup de talon.

Empalée sur le sexe de son compagnon, Annie s’agrippait férocement à son cou, au risque de l’étouffer, lorsque le carillon retentit. Aucun des deux n’y prêta attention. Le gêneur insista lourdement, à tel point que la sonnerie devint continue : « Ding, Dong, Ding, Dong... »

— Putain ! Je vais la lui faire avaler sa sonnette à cette cloche-là ! aboya Annie en repoussant sauvagement les caresses insistantes de Jacques. Elle arracha la patère du mur en s’emparant de la robe de chambre et s’engouffra dans le couloir au pas de charge.

Jacques profita de cet intermède pour faire le point : « C’est quand on est malheureux qu’on compte ses vrais amis ! Moi qui le prenais pour un simple collègue... Jamais je ne pourrai le remercier assez… Mais comment a-t-il bien pu faire pour arriver à la convaincre ? Il a quand même du toupet... Je suis sûr qu'il a fouillé dans la rubrique de mon téléphone... Il n'y a pas d'autre solution, je ne la lui ai jamais présentée. »

— Ça va ! J'arrive ! vociférait Annie en ouvrant la porte.

Une énorme caisse en bois trônait sur le palier, surmontée d’un écriteau :

« JOYEUX ANNIVERSAIRE ».

Annie enleva le sparadrap qui bloquait le bouton de la sonnette, tout en appelant Jacques d’une voix dépitée :

— Je crois que c'est pour toi !

Émerveillé comme un gosse de 10 ans, Jacques fit le tour de la boîte avant d'ouvrir la lettre qui y était agrafée :

— Mais, qui donc a pu m'offrir un tel cadeau ?

Dès les premiers mots, il reconnut l'écriture de son collègue de bureau :

— Merde alors, c'était donc pas toi...

— Évidemment que ce n’est pas moi ! Je n’ai décidé de revenir que cet après-midi, après avoir discuté avec ma frangine. C’est pas un sacré cadeau, ça ? demanda Annie en glissant la main dans le pyjama de son compagnon.

— Si, si… Bien sûr, mon amour, s'empressa-t-il de répondre alors que son estomac se nouait sans raison apparente...

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