C’est tout de même quelqu’un la Gaby ! A 17 ans elle est la maitresse de Roger de Bellegarde un copain de Riri.

Ce couillon va trouver le moyen de se la faire soulever.

Le 18 juin 1590 il emmène Henri au château de la Bourdaisière pour taquiner le gibier, casser une croûte en buvant des coups, et accessoirement, lui présenter sa p’tite copine Gaby. L’inconscient !

Là, Riton devient raide dingue de cette très belle jeune fille. Elle mettra 6 mois à lui céder.

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Soit qu’elle fit exprès pour aiguiser l’appétit du monarque, soit, plutôt, qu’elle mit du temps pour s’habituer à l’odeur de l’ail. Sans doute que nous ne saurons jamais le fin mot de l’histoire, pudique comme elle l’était à l’époque, elle ne s’en ouvrit jamais à personne. Jamais, même pas à sa sœur. C’est vous dire.

La nuit où Gabrielle se donne au Roy, c’est le feu d’artifice. Versailles avant Versailles ! La Gaby, c’est le kamasoutra à elle toute seule ! L’Etna ! Le Vésuve ! Le tout avec le raffinement et le savoir faire oriental d’une geisha du quartier chaud de Kabukicho à Tokyo.

De Bellegarde n’ayant pas été maladroit, la coquine est au fait des dernières nouveautés. Elle a fait sa spécialité du rouleau de printemps en toutes saisons, du bigoudi farceur, de l’abricot enchanté et de la flute traversière à un seul doigt ! C’est dire !

Riton, les hauts de chausses aux chevilles et le pourpoint remonté sous la fraise, n’en peut plus !

- Maman Jeanne ! Maman Jeanne !

A bientôt 40 balais, Riton appelle sa mère !! Faut dire que la p’tite Gabrielle, malgré les odeurs, ne rechigne pas à l’ouvrage. La goulue !

Et c’est ainsi que va se nouer une idylle de plus de 10 ans !

Tiens ! Partez pas, je m’en vais vous narrer une anecdote :

C’est une chaude, très chaude après-midi d’été. Dans la pénombre de sa chambre, Gabrielle d’Estrées s’est endormie. Les chiens sont assoupis sur les tapis, la truffe dans leurs fondements respectifs. Les grosses mouches bleues ont considérablement diminué le trafic entre le poulailler et les vases de nuit que les servantes ont oublié de vider.

Il règne cette senteur âcre de jeune fille négligée pas lavée. Le Bon Roi Henri a envoyé à sa maitresse, par Renault, son estafette attitrée il y a une dizaine de jours, l’ordre de ne pas se laver jusqu’à son retour !

Nous sommes fin juillet, l’air est lourd et rempli de l’humidité de cet orage qui n’en finit plus de ne pas éclater. Quatorze heures. Le soleil blanc est à son zénith. Les rives de la Loire sont inondées de chaleur. Plus un mouvement. Les oiseaux sont muets de torpeur. L’air lourd, tremble au-dessus du fleuve assommé. La vie semble s’être arrêtée pour les siècles à venir.

La chaleur est à son comble et seuls les éphémères gaspillent le peu de vie qui leur reste. Un saule centenaire puise à l’onde épaisse et lourde les sédiments nécessaires à sa croissance. Ses longs doigts noueux semblables à des griffes, fouillent la vase.

Même les oiseaux se taisent !

Tout à coup, un bruit de bottes dans le couloir ! La porte de la chambre de Gabrielle s’ouvre ! Une forte senteur d’ail, de pieds, de transpiration de cheval mélangées à d’autres effluves encore inconnues à ce jour, envahit la pièce ! Les chiens surpris par l’odeur, retirent leur truffe de l’orifice anal en toussant ! Ça pique les yeux !

De grosses mouches bleues et vertes attirées par ces senteurs nouvelles, arrivent en escadrille serrée pour augmenter le pont aérien !

C’est olfactivement insoutenable !

Henri, sans retirer ni ses bottes ni son épée, se jette sur le lit où sa maitresse vient d’ouvrir un œil et de se boucher fermement le nez  avec les deux mains !

Le vert galant rentre de batailler.

- Mon Riri ! Je vous aurais reconnu entre mille ! Mais êtes-vous sûr que cela soit une bonne idée de ne pas se laver depuis dix longs jours en vous attendant ?

- Ma Mie, ma très doulce, quand je quitte vos bras pour la guerre, je ne me nettoie en rien. J’aime emmener avec moi votre parfum et le retrouver à mon retour !

- Vous trouvez pas qu’il a daubé sévère mon parfum en dix jours ? Hein ? Ça ressemblerait plutôt à du coquillage pas frais qui serait remonté d’Andalousie en plein soleil et à dos de mulet !

- Que nenni ma doulce ! Que nenni ! Embrassez moi donc.

- Ouh là, ouh là! Vous y tenez, vous au bisou ? Avec la langue, z’ètes sûr ? Parce que moi, c’est déjà pas terrible, mais alors vous…

- Mmmmmm ?? Comment ???

- Bon, ben quand faut y aller, faut y aller ! (Beurk, beurk, beurk, beurk.)

Le Béarnais qui l’avait derrière l’oreille depuis un bout de temps, arracha tout ce qui pouvait gêner, et se mit en devoir de besogner la belle Gaby.

Tout y passa !  La charge du 1er, du 2ème et du 3ème lancier, puis l’étendard sur les remparts, et le nougat de Montélimar, le Jésus de Lyon, les trompettes de Jéricho sans oublier le bilboquet chinois et l’arrière train sifflera trois fois !

Déchainé qu’il était le Riton !! La d’Estrées n’en voyait plus le bout. Si j’ose dire ! De temps à autre, IV trempait le bigoudi Royal dans un seau d’eau fraiche parfumée aux pétales de roses pour éviter la surchauffe !! (L’eau de roses, ce sera déjà mieux que rien. Avait pensé prudente Gaby.)

Heureusement pour la demoiselle, le repas du soir fût annoncé, et Riri encore tout congestionné se promit de reprendre tout ça après le dessert.

La D’Estrées sur les rotules, réclama un coussin pour pouvoir s’assoir à la table !!

Le repas comme à son habitude fut chargé en gibier et les veines de notre bon Roy Henri, frisaient l’explosion. Riton, comme à l’accoutumée, dégrafa ses hauts de chausse laissant surgir sous la table, son membre gonflé de sève Royale.

- Ma chèrrrre amie, étant donné l’état dans lequel vous me voyez, et le fait que nous ne puissions accéder à votre intimité encore en fusion, auriez-vous l’obligeance d’effectuer sur ce monarchique membre congestionné, une de ces gâteries buccales dont vous avez le secret ?

- Ben c’est pas que j’veux pas, mais si y pouvait y avoir un coup de savonnette, j’avoue que ça s’rait pas du luxe !

- Nous n’avons plus le temps chère amie, et si cela vous gêne, une de vos demoiselles d’honneur se fera un plaisir d’accéder à ma demande.

En effet une demi-douzaine de courtisanes prête à tout pour conquérir la place de première maitresse, se pressait autour de la table.

Consciente qu’un refus allait signer son éviction de la couche Royale, Gaby s’exécuta, non sans avoir coincé dans ses narines, deux gousses d’ail récupérée sur un gigot d’agneau afin de s’habituer et de limiter les dégâts.

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