Voici quelques extraits de livres ou de films. Certains sont comiques, d'autres très sérieux ou complètement disjonctés...
Ce sont mes notes de lecture dont je voudrais vous faire profiter.
Pour une raison ou une autre, ces passages ont retenu mon attention et j'espère aussi la vôtre...

Bonne lecture !

Roman de John Steinbeck

 

 

 

Les terres de l'Ouest, inquiètes aux premiers indices de changement. Les Etats de l'Ouest, inquiets comme des chevaux à l'approche de l'orage. Les grands propriétaires, inquiets, parce que pressentant le changement et incapables d'en deviner la nature. Les grands propriétaires s'en prenant aux choses immédiates, au gouvernement qui étend son emprise sur tout, à l'unité croissante des groupements d'ouvriers, aux taxes nouvelles, aux plans ; ne sachant pas que les choses sont des effets, non des causes. Les causes sont profondes et simples... les causes sont la faim, une faim au ventre multipliée par un million ; la faim dans une seule âme, faim de joie et d'une certaine sécurité, multipliée par un million ; muscles et cerveau souffrant du désir de grandir, de travailler, de créer, multipliés par un million. La dernière fonction de l'homme, claire et bien définie... muscles souffrant du désir de travailler, cerveau souffrant du désir de créer au-delà des nécessités individuelles... voilà ce qu'est l'homme. Construire un mur, construire une maison, une digue... et dans le mur, la maison et la digue, mettre quelque chose de l'homme lui-même et apporter pour l'homme quelque chose du mur, de la maison, de la digue ; rapporter des muscles de fer du soulèvement des fardeaux, rapporter des lignes, des formes claires du travail de conception. Car l'homme, différent en cela des autres créatures organiques et inorganiques sur la terre, croit par-delà son travail, gravit les marches de ses conceptions, domine ses propres accomplissements. Voici ce qu'on peut dire de l'homme. quand les théorie changent et s'écroulent, quand les écoles, les philosophies, quand les impasses sombres de la pensée nationale, religieuse, économique, croissent et se décomposent, l'homme va de l'avant, à tâtons, en trébuchant, douloureusement, parfois en se trompant. S'étant avancé, il peut arriver qu'il recule, mais d'un demi-pas seulement, jamais d'un pas complet. Cela vous pouvez le dire et le savoir, le savoir. Cela vous pouvez le savoir quand les bombes tombent des avions noir sur les places des marchés, quand les prisonniers sont égorgés comme des cochons, quand les corps écrasés se vident dégoûtamment dans la poussière. Ainsi vous pouvez le savoir. Si les pas n'étaient pas faits, si le désir d'aller de l'avant à tâtons n'existait pas, les bombes ne tomberaient pas, les gorges ne seraient pas tranchées. Craignez le temps où les bombes ne tomberont plus et où les avions existeront encore... car chaque bombe est la preuve que l'esprit n'est pas mort. Et craignez le temps où les grèves s'arrêteront cependant que les grands propriétaires vivront... car chaque petite grève réprimée est la preuve qu'un pas est entrain de se faire. Et ceci encore vous pouvez le savoir... craignez le temps où l'Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée, car cette seule qualité est le fondement de l'homme même, et cette qualité seule est l'homme, distinct dans tout l'univers.