Voici quelques extraits de livres ou de films. Certains sont comiques, d'autres très sérieux ou complètement disjonctés...
Ce sont mes notes de lecture dont je voudrais vous faire profiter.
Pour une raison ou une autre, ces passages ont retenu mon attention et j'espère aussi la vôtre...

Bonne lecture !

 Roman de Katherine Pancol

 

 

 

Chaque fois qu’elle prenait place dans cette chapelle de la Vierge Marie, Henriette Grobz finissait par relever la tête et contempler la fresque immense qui racontait le premier épisode de la Passion du Christ, le moment où Judas s’approche pour baiser la joue du Seigneur. Derrière lui : des gardes romains venus arrêter le Christ.
Henriette était envahie par un sentiment étrange mêlé de pitié, de terreur et d’une sorte de jouissance à assister au début de ce drame fondateur de la chrétienté. L’âme noire de Judas se faufilait dans la sienne et lui présentait le péché comme un fruit mûr, appétissant, aux couleurs vermeilles. Elle détaillait le visage blond, débonnaire, assez fade finalement du christ, puis regardait Judas, son nez fin et long, son regard noir, sa barbe fournie, sa tunique rouge. Il avait fière allure et elle soupçonnait le peintre d’avoir eu la même coupable faiblesse pour cet homme subtil, vénéneux, criminel.

La vertu peut être si ennuyeuse…

Elle pensa à sa fille, Joséphine, qui l’avait toujours irritée par son attitude de bonne sœur dévouée et regretta une fois de plus encore la disparition d’Iris, sa fille de chair, sa fille véritable… Une vraie mine d’or, elle.

Elle baisa le chapelet et pria pour le repos de son âme.

Il faut que je trouve une ruse, chuchota-t-elle en caressant du regard les longs pieds minces de Judas qui dépassaient de la robe rouge. Aide-moi, Judas l’obscur, aide-moi à décrocher, moi aussi, une bourse gonflée de sesterces. Tu le sais, le vice demande plus d’imagination, plus d’intelligence que la vertu qui est bête à pleurer, donne-moi une idée et je prierai pour le salut de ton âme.